La cerise douce (la variété Bing est la plus connue) se consomme fraîche, surtout dans les desserts, les salades ou les sauces. La cerise acidulée (surtout offerte en conserve, congelée ou séchée) sert plutôt à la préparation de tartes, de confitures et de jus. Cinq fois plus riche en antioxydants que la cerise douce, elle contribuerait à prévenir le cancer et plusieurs autres maladies.

Les bienfaits de la cerise

Cancer. Deux études ont montré qu’un régime enrichi de cerises acidulées ou la prise de suppléments d’anthocyanines extraites du fruit réduisait l’apparition de tumeurs de l’intestin chez la souris. De plus, la prise d’anthocyanines a permis de réduire la dose nécessaire de Sulindac, un anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) utilisé pour détruire les cellules cancéreuses (des doses élevées d’AINS ont été associées à une augmentation du risque de saignements gastro-intestinaux et d’ulcères).

Les extraits d’anthocyanines ralentissent également la croissance in vitro de cellules cancéreuses du côlon humain. Ces résultats indiquent que certains composés phénoliques de la cerise acidulée pourraient réduire le risque de cancer du côlon, mais des études cliniques seront nécessaires pour confirmer ces résultats. L’extrait de cerise douce diminuerait aussi in vitro la prolifération de cellules cancéreuses du côlon et du sein, de façon proportionnelle à la quantité utilisée.
Douleur inflammatoire et récupération musculaire. Deux études cliniques ont été réalisées dans le but d’évaluer l’efficacité du jus de cerise acidulée à réduire la douleur et à favoriser la récupération musculaire au cours d’un effort intense (course à pied, longue distance, 26 km et 42 km). Dans la première étude, les coureurs ont consommé 700 ml de jus de cerise acidulée (variété Montmorency) par jour, pendant 7 jours avant la course et la journée de la course. L’augmentation de l’intensité de la douleur musculaire après la course a été significativement moins élevée chez les participants ayant consommé le jus de cerise plutôt qu’un placebo.

Dans l’autre étude, les marathoniens ont bu 500 ml de jus de cerise acidulée (variété Montmorency) par jour, 5 jours avant le marathon, la journée même, et 2 jours après. Le niveau des marqueurs d’inflammation et de stress oxydatif a été significativement plus bas dans le groupe jus de cerise que dans le groupe placebo. De plus, les participants ayant consommé le jus de cerise ont eu une récupération plus rapide de leur force musculaire.
Maladies cardiovasculaires. Une étude publiée en 2006 a montré que, chez des personnes en santé, la consommation de 280 g de cerises douces (Bing) par jour pendant 28 jours avait des effets bénéfiques sur différents marqueurs anti-inflammatoires. Ces marqueurs sont des indicateurs du risque de maladies cardiovasculaires. La consommation de cerise n’a toutefois pas eu d’effet sur le profil lipidique des sujets (cholestérol et triglycérides).

La cerise bio antioxydant naturel puissant

La cerise bio antioxydant naturel puissant

Une étude in vitro a par ailleurs montré que les cerises douces inhibent l’oxydation du cholestérol LDL (mauvais cholestérol) de 70 % à 99 %. L’oxydation du cholestérol LDL est un facteur de risques cardiovasculaires. Il est à noter que dans cette étude, la cerise acidulée ne faisait pas partie des fruits évalués.
Insomnie. Deux petites études ont fait état d’une légère amélioration du sommeil grâce à la cerise. La plus récente (2010) a été faite auprès de 15 personnes de 65 ans et plus ayant des problèmes d’insomnie. Au cours de 2 périodes de 14 jours, elles ont consommé quotidiennement soit du jus de cerise acidulée, soit un placebo. Après les séances « jus de cerise », le nombre de minutes d’éveil après s’être endormi a été amélioré, mais pas le temps mis à s’endormir ou le temps total de sommeil.

L’autre étude a porté sur 12 personnes de 35 ans à 85 ans. Pendant 3 jours consécutifs, elles ont consommé 400 g de cerises possédant de grandes concentrations de mélatonine et de sérotonine. Une augmentation du temps total de sommeil ainsi qu’une réduction du nombre de périodes d’éveil et de l’agitation nocturne ont été constatées.

Que contient la cerise?

Anthocyanines

Les anthocyanines de la cerise acidulée démontrent des activités antioxydantes et anti-inflammatoires in vitro. Ils constituent les principaux composés phénoliques de ce fruit. Comme plusieurs de ces composés, présents dans les végétaux, ils ont la capacité de neutraliser les radicaux libres du corps et de prévenir ainsi l’apparition de plusieurs maladies : cancers, maladies cardiovasculaires et diverses maladies chroniques. Ce sont principalement d’eux que proviendraient les effets antidouleur et de récupération musculaire de la cerise. Des chercheurs ont d’ailleurs constaté qu’en présence d’inflammation, leur administration à des rats diminuait leur sensibilité à la douleur, en plus de réduire l’oedème. De plus, les anthocyanines protègeraient les cellules nerveuses des dommages causés par le stress oxydatif.

Les cerises douces et acidulées sont toutes deux riches en anthocyanines. Cependant, une cerise douce jaune dorée, comme la « Rainier » (appréciée pour sa texture croquante), ne contient pas d’anthocyanines lorsqu’elle est cultivée à l’abri du soleil sous tunnel. Cependant, lorsqu’elle est exposée à la lumière, elle prend une légère coloration rouge et contient alors un peu d’anthocyanines. Bref, plus les cerises sont colorées, plus elles contiennent d’éléments bénéfiques pour la santé.

Championne des antioxydants

Les cerises acidulées auraient une concentration moyenne en antioxydants environ 5 fois plus élevée que les cerises douces. Les cerises acidulées se situeraient parmi les petits fruits contenant le plus d’antioxydants, après le bleuet, le cassis, la mûre et la fraise.

Acides hydroxycinnamiques

La cerise douce contiendrait une quantité relativement élevée de ce groupe de composés phénoliques. Ils possèdent, entre autres, des effets antioxydants démontrés in vitro.

Mélatonine

Des quantités élevées de mélatonine, un composé connu pour son potentiel antioxydant, ont été retrouvées dans deux variétés de cerises acidulées (Montmorency et Balaton). La consommation de végétaux contenant suffisamment de mélatonine pourrait ainsi procurer une protection contre les dommages causés par les radicaux libres. La mélatonine étant un régulateur du sommeil, elle pourrait également contribuer à combattre l’insomnie.

Choix et conservation

Choisir
Les cerises fraîches devraient être dodues et leur peau lisse et brillante. Évitez les fruits durs, à la peau mate. La couleur de la peau peut varier du rouge clair au rouge foncé, bien qu’il en existe également à peau jaune. Choisissez de préférence des fruits qui possèdent encore leur queue.

Comme les cerises acidulées (aigres) se conservent mal après leur cueillette, elles sont rarement offertes dans le commerce. Par contre, on les trouve séchées, congelées et en conserve. Lisez bien l’étiquette de ces produits, y compris pour les cerises séchées, afin de vous assurer qu’ils ne contiennent pas de sucre ajouté.

Les cerises au marasquin (que l’on connaît plutôt sous leur nom italien de maraschino) ne présentent guère d’intérêt nutritionnel. Dénoyautées puis plongées dans l’eau avec du soufre pendant quelques jours pour les décolorer, elles sont mises en bocal avec du sirop de maïs auquel on ajoute colorants, arômes et préservatifs chimiques. Elles sont ensuite pasteurisées.

Conserver
Réfrigérateur. Pas plus d’une semaine, dans le bac à légumes, en veillant à les éloigner des aliments à forte odeur. On les sort 30 minutes avant de les servir et on les lave qu’au dernier moment pour éviter qu’elles ne se détériorent.

Congélateur. Dénoyautées ou non, il faut bien les assécher après les avoir lavées et on les étale sur une plaque au congélateur. On les enferme ensuite hermétiquement dans un sac à congeler.

La petite histoire de la cerise

Noms communs : cerise aigre ou acide (griotte), cerise douce, merise, cerise sauvage, cerise à grappes.
Noms scientifiques : Prunus avium, Prunus cerasus.
Famille : rosacées.

Le terme « cerise » est apparu dans la langue en 1190. Il vient du latin cerasus (cerisier) qui l’a lui-même emprunté au grec kerasos. À noter que le mot « cerise » sert parfois à désigner des fruits qui n’appartiennent pas au genre Prunus : cerise de Saint-Domingue ou des Antilles (acérole), cerise de Chine (litchi), cerise de Cayenne ou carrée (Eugenia), cerise de terre (alkékenge).

Les cerises jouaient un rôle dans l’alimentation humaine bien avant l’avènement de l’agriculture. Il semblerait que nos ancêtres du Néolithique fabriquaient du vin de cerise avant d’utiliser le raisin.

Le cerisier acide et le cerisier des oiseaux, les deux principales espèces cultivées, viennent de l’Asie Mineure, plus spécifiquement des régions autour de la mer Caspienne et de la mer Noire.

Deux espèces principales
Des très nombreuses espèces de cerisiers, seulement deux sont cultivées à grande échelle : Prunus avium, qui donne des fruits à saveur douce que l’on consomme surtout à l’état frais, et Prunus cerasus, dont les fruits acidulés servent surtout à la préparation des confitures, gelées, tartes, etc.

Qui, des Grecs ou des Romains, aurait introduit le cerisier en Europe? Cela a été l’objet, au début de notre ère, d’un chaud débat qui se poursuit toujours dans certains milieux. En effet, aux dires des Romains, ce serait l’armée du général Lucullus qui, au premier siècle avant notre ère, aurait ramené des cerisiers de l’Asie Mineure, après une célèbre victoire. Comme le combat avait eu lieu dans la ville de Cerasus, on donna son nom à la plante qui symbolisait le courage des troupes romaines. Mais, les Grecs ne l’entendaient pas ainsi, citant pour preuve un texte d’un auteur grec datant de 300 ans avant Lucullus et dans lequel figure une description détaillée de la cerise.

Quoi qu’il en soit, ce sont certainement les Romains qui ont diffusé le cerisier dans tout l’Empire, son fruit faisant partie de la diète typique des légionnaires. Au Moyen Âge, il est très populaire en France, en Angleterre et en Allemagne. Dès les débuts de la colonisation, il sera introduit en Amérique du Nord. Aujourd’hui, on le cultive dans de nombreux pays d’Europe de l’Ouest et de l’Est, de même qu’en Turquie, en Iran, au Japon, en Argentine, au Chili, en Australie, aux États-Unis et au Canada.

À cause de sa saveur, la cerise aigre a surtout servi à la confection de tartes et de confitures auxquelles on ajoute du sucre. Toutefois, on a découvert récemment qu’elle était particulièrement riche en antioxydants, ce qui a entraîné une demande des consommateurs pour le jus et le concentré de jus. Ils sont désormais offerts dans les supermarchés, les boutiques spécialisées et les magasins de produits naturels. À noter que la cerise douce est 5 fois moins riche en antioxydants.

Jardinage biologique

Au Québec, la culture du cerisier doux est risquée, sauf peut-être dans l’extrême sud du Québec. Par contre, celle du cerisier acide ne pose pas de problème. L’Université de la Saskatchewan a sélectionné des variétés qui peuvent survivre en zone 2b ou 3, de même que des cultivars rustiques issus de croisements entre le prunier et le cerisier (leurs fruits portent, en anglais, le nom de chums (de : cherry et plum).

Moins imposant que le cerisier doux, le cerisier acide peut s’accommoder d’espaces relativement petits, y compris une cour en ville, pourvu qu’il bénéficie de plusieurs heures de soleil par jour. De plus, contrairement à son cousin, il est autofertile, si bien, qu’il n’est pas nécessaire d’en planter plus d’un spécimen pour obtenir des fruits.

Il préfère les sols sablonneux, profonds, légèrement en pente et orientés vers le nord ou l’est. Mais il peut s’accommoder d’autres types de sol pourvu qu’ils s’égouttent bien, car il ne tolère pas d’avoir les pieds dans l’eau. On doit le protéger contre les vents d’ouest et du nord avec des brise-vent. L’espacement varie selon les cultivars, mais on recommande généralement de planter les arbrisseaux à 6 m ou 8 m les uns des autres. On sème un engrais vert à base de trèfle entre les rangées, en gardant à nu un cercle d’environ 1 m de diamètre autour du tronc, que l’on paillera pour empêcher la pousse des mauvaises herbes.

En cas de sécheresse, irriguez, surtout durant les premières années, pendant que les racines sont encore peu développées. Protégez la récolte contre les oiseaux avec des filets conçus à cet effet.

On devrait pouvoir récolter les premiers fruits 3 ans après la plantation. On les récolte un à un ou on secoue les jeunes arbres pour les faire tomber. On les laisse prendre de la maturité le plus longtemps possible sur l’arbre, ils n’en seront que plus sucrés.

Écologie et environnement

En Europe, la culture de la cerise biologique demeure très problématique, étant donné les températures humides qui prévalent dans les régions productrices. La moniliose, notamment, une maladie fongique des climats humides, est très difficile à prévenir ou à éradiquer.

Diverses approches sont proposées pour lutter contre cette maladie : taille importante et stérilisation des outils, élimination des résidus au pied des arbres (feuilles mortes, fruits pourris et branches de taille), protection par couvert forestier ou en recouvrant les arbres de plastique transparent quelques semaines avant la récolte, application de purin de compost ou de poudres à base d’argile sur le tronc, les branches et les feuilles, etc. Toutefois, les pertes attribuables à la maladie restent pour l’heure relativement élevées, sauf pour le cerisier aigre qui semble y être moins sensible.


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